L’inexplicable absence de McDo en Corse

Surprise sur la carte des McDo français : la firme est implantée PARTOUT… sauf sur l’île. Tentative d’explication.

L’an 50 avant Jésus-Christ, vous vous souvenez ? Toute la Gaule était occupée par les Romains. Toute la Gaule, sauf un fameux « village peuplé d’irréductibles Gaulois… ». Dans la France de 2012, c’est pareil. Avec dans le rôle des « envahisseurs », les enseignes McDonald’s. La multinationale américaine est représentée sur l’ensemble du territoire national, sauf… en Corse, seule région de France privée de « DoMac ».

Une situation surprenante vu l’immense empire tissé en France et dans le monde entier. En quelques chiffres, McDo, c’est plus de 33 000 restaurants dans 119 pays, qui nourrissent 68 millions de consommateurs. Dans l’Hexagone, on compte 1 228 restaurants répartis dans 934 communes métropolitaines. Le marché français représente tout simplement le second plus gros marché du groupe, derrière vous devinez qui.

Alors comment diable les Corses font-ils figure de résistants à l’empire McDo ? Les habitants de l’île seraient-ils tombés dans la marmite du gras étant petits ? Au point que Ronald ait les boules d’aller se frotter à eux ?

McDo est très clair sur le sujet : « Au regard des problématiques logistiques liées au caractère insulaire de la Corse, le développement de McDonald’s dans l’île ne fait pas partie des priorités de l’enseigne. »

Des problématiques logistiques ? Mon œil ! McDonald’s a bien été capable de s’implanter à Chypre et Malte, caractère insulaire compris. Mais la firme ne veut pas lâcher le morceau : « Nous n’avons pas davantage de commentaire à formuler que celui ci-dessus. »

L’enseigne d’Angers.

Les insulaires ont peut-être une réponse plus convaincante à fournir. À la collectivité territoriale de Corse, on s’amuse de la question. Si le géant américain ne vient pas sur l’île, c’est tout simplement parce qu’ « on aime la bonne nourriture ici ! »

Blague à part, la collectivité, pas plus que les Chambres de commerce de Haute Corse et Corse du Sud, ne sont capables d’expliquer l’absence du fastfood. Pas un interlocuteur. Chaque institution assure même qu’aucune démarche n’a été entreprise, soit par McDo ou par la région Corse, pour l’implantation d’un restaurant.

Rencontre entre McDo et le préfet Érignac

Des propos que vient contrecarrer François Gabrielli, président de la Chambre des métiers de Corse et adjoint à la mairie d’Ajaccio. Selon lui, il y a bien eu contact entre les deux parties par le passé. L’élu se remémore un souvenir d’il y a « une quinzaine d’années ».

Lors d’une assemblée générale à la chambre régionale d’agriculture de Corse, Claude Érignac surprend tout son monde. Le préfet de l’époque s’excuse de ne pouvoir assister à la fin de l’assemblée. Motif ? Il a rendez-vous avec des représentants de McDo pour la création d’un restaurant sur Ajaccio. « À l’époque, ça m’avait interpellé. C’est pour ça que je m’en souviens bien », poursuit François Gabrielli.

Qu’est-il sorti de cette réunion en petit comité ? Personne ne le sait ! Depuis cette rencontre avec le défunt préfet, « il y a rupture de communication avec McDo, plus aucun contact, explique le président de la Chambre des métiers. Il y a eu plusieurs rumeurs depuis, mais jamais rien d’officiel. »

Bien qu’il n’en sache pas plus sur cette mystérieuse entrevue, l’élu corse avance que la variation démographique, selon les saisons, peut être élément commercial à prendre en compte. Pendant huit mois de l’année, l’île de Beauté pèse plus de 300 000 habitants. Une population qui « passe du simple au double de juin à septembre, reprend François Gabrielli. L’été est éminemment touristique. »

L’ouverture du plus grand Quick de France en 2010

En plus de cette donnée démographique, McDo, s’il devait s’implanter, regardera le marché actuel de la restauration rapide. La Corse n’est pas une terre de fastfood, certes. KFC et Subway, pour ne citer qu’eux, ont fait le choix de ne pas s’y installer. En revanche, Flunch compte une enseigne à Furiani, à 10 kilomètres de Bastia.

Et surtout, Quick, le principal concurrent de McDonald’s, s’est implanté. Et bien implanté ! En plus de son restaurant à Ajaccio, l’enseigne française a doublé la mise en décembre 2010. C’est à Furiani encore, au pied du stade de football, qu’a ouvert le plus grand Quick de France. Jolie coïncidence. « Nos études de marchés nous indiquaient la nécessité d’un tel investissement, rétorque Christian Letienne, directeur des ventes chez Quick. Bien évidemment quand sur un marché, nous sommes le seul opérateur, le chiffre d’affaires s’en ressent. » Tu m’étonnes !

L’ouverture de ce méga fastfood (800 mètres carrés) a, sans doute, freiné les ardeurs d’une partie de la population en demande d’un DoMac. Une demande locale qui, sans surprise, existe. Sur Facebook par exemple, les groupes « Pour l’ouverture d’un McDonald’s en Corse » pullulent. Le plus important d’entre eux réunit plus de 4 500 personnes.

Chez les touristes aussi, on réclame du menu maxi best-of. « Le visiteur est toujours très surpris d’apprendre que McDo n’existe pas sur l’île, raconte l’office de tourisme bastiaise. « Il est où le McDo ? » est une question régulièrement posée l’été, par des touristes en famille. »

On continuera de poser cette question demain encore. Jean-Marc Pierson, directeur de l’action économique à CCI de Corse du Sud, est formel : « Tant qu’il n’y aura pas de porteur de projet, d’actionnaire pour investir, aucun McDo ne verra le jour en Corse ».

Les insulaires sont donc privés de Big Mac pour une durée indéterminée.

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2 Commentaires

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2 réponses à “L’inexplicable absence de McDo en Corse

  1. Pas vraiment fâché avec McDo mais cela leur fait du bien de ne pas pouvoir planter leur merde partout. C’est simple non? 😉

  2. Nadinemouk

    Tanpis pour bigmac et tant mieux pour les corses .