Jean-Claude Juncker et la leçon américaine d’économie

« Qu’il balaye d’abord devant sa porte ! », aurait pu répondre le président de l’Eurogroupe.

Vendredi 16 septembre 2011, les 17 ministres européens des finances, réunis en Pologne, ont vu s’inviter à leur table un invité de marque : Timothy Geithner, secrétaire au Trésor américain (poste équivalent à ministre de la finance). Face à l’ampleur de la crise grecque et les risques de contagion à toute la zone euro, le représentant américain n’y est pas allé de main morte, donnant carrément une leçon à ses homologues outre-Atlantique. Morceau choisi :

« Il est très dommage de constater qu’il existe non seulement des divisions dans le débat sur la stratégie en Europe, mais aussi qu’un conflit existe entre les gouvernements et la BCE. Tout le monde doit travailler ensemble afin d’éviter des risques catastrophiques pour les marchés financiers. »

Un ton qui a provoqué le courroux de dirigeants européens, dont Jean-Claude Juncker, président de l’Eurogroupe (et donc de la zone euro). Petit voyage en pensées :

« Non mais pour qui il se prend celui-là [en parlant de Geithner]?! Quel toupet ! Un peu plus de deux ans qu’il est en poste et voilà qu’il vient nous faire la leçon, à nous, les Européens ! Deux ans qu’on l’invite gentiment, par politesse, à nos réunions, qu’il nous colle des vents à chaque fois parce qu’il a mieux à faire… Et là, il se pointe pour la première fois pour… nous faire la nique. Aucun scrupule le gars. Et venir le faire chez nous, à domicile, c’est fort !

Bon… Faut le reconnaître, t’as quand même pas mal raison. C’est vrai, je peux pas l’encadrer le Trichet [Jean-Claude Trichet, président de la BCE]. J’arrive pas à les piffrer les autres Jean-Claude de toute façon. La stratégie en Europe ? Des conneries. Ça n’existe pas. C’est Angela et Nicolas qui tirent les ficelles. Nous autres, on sert à rien. Je peux pas en placer une en réunion. Je sais même plus à quoi sert mon poste… Paraîtrait qu’ils veulent me remplacer par l’autre grand dadais belge [Herman Van Rompuy] une fois mon mandat terminé…

Au fait Timo, tu connais les USA ? T’es au courant que ta dette à toi va bientôt dépasser les 15 000 milliards de dollars ?! Et là, tu viens te permettre de dire ça ? T’es sérieux un moment ? Ton économie vient d’être dégradée par les agences de notation. Bientôt, les Chinois vont vous bouffer. Et vous, tout ce que vous trouvez à faire c’est de repousser votre plafond d’endettement sous peine d’être en défaut en paiement. En 1917, lorsque vous l’avez créé, votre dette ne pouvait pas dépasser… 11,5 millions de dollars ! En 10 ans, vous avez relevé 10 fois ce seuil ! Alors balayez donc un peu devant votre porte.

Vous les Américains ne pouvez vous empêcher de donner les leçons car vous sentez que la fin est proche : dans peu de temps, vous ne serez plus les maîtres incontestés de ce monde… »

Voilà peut-être le raisonnement qu’a tenu Mr Juncker dans sa tête ou bien en coulisse. Pour ce qui est de l’officiel, le président de l’Eurogroupe s’est montré plus mesuré :

« Prises dans leur ensemble, l’Union européenne et la zone euro sont dans une situation probablement meilleure que les économies d’autres grands pays développés. »

Bim ! Prends (quand même) ça dans les dents Timothy !

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