Le monde « accouche » d’un nouvel État

Bienvenue au dernier État né dans ce monde, le Sud-Soudan ! Une naissance sans encombre, mais un avenir indécis.

Scènes de liesses et de joie à Juba, le 9 juillet dernier. Au cœur de leur future capitale, les Sud-Soudanais ne cachent pas leur soulagement. En déclarant leur indépendance, le Sud-Soudan vient officiellement de naître. Il s’agit de la seconde naissance étatique en seulement quatre ans d’intervalle (le Kosovo ayant déclaré son indépendance le 17 février 2008). Le point sur cette naissance, en quelques points clés :

  • Sa place dans le monde : contrairement à son homologue des Balkans qui n’a qu’un statut d’observateur à l’ONU, le Sud-Soudan devrait intégrer les Nations Unies incessamment sous peu. Très vite reconnu par l’ensemble de la communauté internationale (le Soudan a d’ailleurs été le premier à le faire), le Sud-Soudan va devenir le 193ème État Membre de l’institution. Par ailleurs, sa naissance porte désormais à 54 États souverains sur le continent africain.
  • Poids : le nouveau né est bien portant, démographiquement parlant. Il « pèse » approximativement 9 millions d’habitants. Aussi, sa taille est considérable : près de 620 000 kilomètres carrés. Une superficie comparable à celle de la France. Un beau bébé donc. Pour autant, le Soudan qui vient de perdre le Sud, perd dans le même temps, son titre honorifique de pays le plus vaste d’Afrique. Titre qui revient désormais à l’Algérie.
  • Convictions : la séparation entre le Soudan du Nord et le Sud n’est pas dû au simple hasard. Avant de voir officiellement le jour, le Sud est historiquement une région à majorité chrétienne. Quant au Nord, c’est le culte musulman qui domine. Une ambivalence religieuse qui a conduit à une guerre civile longue, très longue : de 1983 à 2005, deux millions de personnes auraient perdu la vie. C’est de la fin de ce conflit que sont nés les négociations jusqu’à l’indépendance du Sud aujourd’hui.
  • Ressources : il n’a beau être qu’un nouveau né, le Sud-Soudan ne manque pas de ressources… naturelles. En effet, le Sud produit 85% du pétrole national. Pour autant, les oléoducs du Sud prennent tous la direction du Nord ; la raffinerie la plus importante étant située à Khartoum (capitale du Soudan). Nord et Sud semblent donc liés par un rapport de réciprocité évident.
  • Avenir : le futur de l’État risque de ne pas être un long fleuve tranquille. Cette question du pétrole et du partage des revenus qu’il dégage reste toute posée. Aussi, le tracé des frontières des deux États reste un sujet sensible : on se dispute actuellement la région d’Abyei, riche en pétrole justement. Dans le même, le conflit au Darfour (ouest du pays) sévit toujours… Et puis, et surtout, le Sud saura t-il s’émanciper du Nord et de son chef d’État autoritaire Omar el-Béchir, qui pour rappel est toujours sous mandat d’arrêt international ? La question mérite d’être posée.
  • Fait notable (en bonus) : son premier président, Salva Kiir est tout droit sorti de Walker Texas Ranger.
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